En juin 2024, des travailleurs humanitaires présents dans la zone de Yémé sont victimes d’un enlèvement. OPSYCOURS est mobilisée pour accompagner psychologiquement les proches, les collègues et les équipes affectées par cet événement traumatisant.
- Contexte : enlèvement de travailleurs humanitaires dans la zone de Yémé, Extrême-Nord
- Date d’intervention : juin 2024
- Bénéficiaires : collègues, familles et équipes d’organisations humanitaires partenaires
- Type d’intervention : debriefing psychologique, soutien individuel, groupes de parole
- Approche : protocole Intervention en État de Crise (IEC) + suivi à 30 jours
Les humanitaires aussi ont besoin de soutien
Le travail humanitaire expose à des risques physiques, mais aussi à des risques psychologiques intenses et souvent méconnus. Les travailleurs humanitaires sont régulièrement confrontés à des scènes de détresse extrême, à la mort, à la violence et à l’impuissance.
Lorsqu’un collègue est enlevé, toute une équipe est traumatisée. La peur, la culpabilité, le sentiment d’impuissance et l’incertitude créent un état de stress aigu qui peut, sans soutien, évoluer vers un trouble durable.
Traumatisme vicaire vs. traumatisme direct : Les collègues des victimes vivent un traumatisme indirect mais tout aussi réel. Ils n’ont pas vécu l’enlèvement, mais ils en portent le poids émotionnel. Ignorer cette réalité est une erreur clinique.
Le protocole d’intervention d’OPSYCOURS
Face à cet événement, OPSYCOURS a déployé un protocole structuré en trois temps :
- Debriefing psychologique immédiat : espace sécurisé pour que les équipes expriment leurs émotions dans les 48 à 72 heures suivant l’événement
- Soutien individuel : suivi des personnes les plus affectées par un psychologue clinicien, avec possibilité de référencement vers un psychiatre si nécessaire
- Groupes de parole : espaces collectifs pour partager les ressentis, reconstruire la cohésion d’équipe et élaborer ensemble ce qui s’est passé
Le suivi à 30 jours : L’état de stress aigu peut se transformer en état de stress post-traumatique (ESPT) s’il n’est pas traité dans le premier mois. OPSYCOURS systématise un contact de suivi à 30 jours pour évaluer l’évolution de chaque bénéficiaire.
« Prendre soin de ceux qui prennent soin des autres, ce n’est pas une option. C’est une obligation éthique. »
Equipe OPSYCOURS, intervention Yémé, 2024